La Grande dame. Revue de l'élégance et des arts

collection privé :

Juin 1895

 

Le flou-flou

collection privé :


Lenthéric, inventeur sans pareil en sa profession, infatigable initiateur és élégances, vient encore délicatement attirer l’attention du monde chic et satisfaire le désir de nouveau qui hante les jolies et les coquettes de toutes les classes sociales par une de ces imaginations dont l’indéniable ingéniosité atteste le perpétuel mouvement d’u, talent toujours en éveil.

Naturellement cet artiste avisé a eu soin de s’assurer, en France et à l’étranger, par des brevets explicites, la propriété d’une découverte qui lui a coûté d’incessantes et difficiles recherches. Il a tenu, en cette affaire, à mériter seul la reconnaissantes de ses aimables contemporaines.

On sait le rôle important que l’ondulation de la chevelure occupe dans le mode de céans.

Mais combien dangereux ou déplaisant aux actuels moyens que l’on est forcé d’employer pour cette délicate opération ! Le fer chaud casse les cheveux, les dessèche et, peu à peu, les réduit en poussière.

Pour obvier à tel inconvénient furent fabriquées des épingles de divers modèles, entre autres le Waver de Lenthéric ; mais maintes personnes ne sauraient les supporter la nuit.

Voici de qu’a trouvé le maître capillaire : « l’ondulateur FLOU-FLOU. »

Cela consiste en une fourche montée sur un manche à ressort et garnie à ses extrémités d’un ruban, d’une coulisse à œillet ; la tête, ainsi décorée de rubans monochromes ou multicolores, n’a plus l’air d’être en proie à quelque supplice barbare, mais semble ravissement empruntée à quelque décor signé Watteau, Boucher, ou Lancret. Et certes, aux prochains salons, les Carolus, les Flameng, les Boldini auront la fantaisie exquise de peindre de la sorte un de leurs modèles mondains sous ce titre charmant : la belle aux Flou-Flou.

Rendre l’utile agréable : c’est ce but difficile qu’atteint cet appareil : il ondule parfaitement, mais il embellit, il travaille la chevelure et conserve à la patiente le charme, la grâce et la beauté. Il supprime la gêne et maintient le plaisir.

Juin 1895